ACCUEILLIR UN CHIEN DE L’ÉTRANGER, BIEN L’ACCLIMATER À SA NOUVELLE VIE


Chiens des rues, Conseils pratiques / mardi, août 21st, 2018

Mis à jour en Juillet 2026

Accueillir un chien venu de l’étranger n’est généralement pas une expérience anodine. C’est une aventure souvent riche en émotions, aussi bien pour vous que pour votre nouveau compagnon. Si vous souhaitez vous préparer au mieux à l’adoption d’un chien venu de l’étranger, ces quelques conseils pourront vous accompagner afin de favoriser son adaptation à son nouvel environnement et de construire une relation harmonieuse.

Les particularités des chiens de l’étranger

Parmi les chiens venus de l’étranger ou des territoires d’outre-mer, les plus nombreux à être adoptés en France proviennent des DROM-COM, de Roumanie et d’Espagne. Leurs modes de vie peuvent être très différents selon les pays et les régions d’origine. Certains ont toujours vécu dans la rue, d’autres ont connu la vie au sein d’un foyer humain, tandis que certains se situent entre ces deux réalités.

En effet, les chiens des rues ne sont pas tous des chiens sans propriétaire. Certains sont rattachés à un foyer humain, mais vivent avec une grande autonomie, en circulant librement et en étant peu soumis aux contraintes habituelles d’un chien de compagnie. Cela ne veut pas pour autant dire que les humains ne sont pas attachés à leur chien. C’est tout simplement une autre culture du chien de compagnie, comparée à celle que nous pratiquons en France. 

Il faut aussi noter que dans certains pays, les chiens des rues sont présents depuis des siècles et ne vivent pas tous une existence misérable, contrairement à ce que l’on peut parfois entendre. Même si ce mode de vie comporte de nombreux challenges, ils s’y sont très bien adaptés.

C’est important de le prendre en compte, car la sécurité et le confort que nous pensons leur apporter en les adoptant peuvent, dans un premier temps, être une grande source de stress pour eux. Parmi les principales difficultés : un environnement restreint et inconnu, des contacts rapprochés avec les humains, une diminution de leurs possibilités d’exprimer des comportements autonomes, et l’exposition à des stimuli auxquels ils n’avaient jamais été confrontés auparavant.

Par exemple, votre présence quotidienne et les sorties en laisse peuvent demander un temps d’adaptation, plus ou moins long selon les individus. Le concept même de promenade, tel que nous le connaissons avec un chien de compagnie, n’est pas nécessairement une évidence pour eux.

De plus, beaucoup d’entre eux arrivent à l’adoption dans le cadre d’une démarche de sauvetage, ce qui signifie qu’ils ont parfois vécu des expériences difficiles. Ils peuvent en garder des séquelles, qui se manifestent souvent par de grandes difficultés émotionnelles.

L’accueil de votre chien

L’adoption de votre chien est souvent un moment très attendu et rempli d’émotions pour vous. Pour lui, en revanche, il s’agit d’un bouleversement majeur. Il ne comprend pas encore ce qui lui arrive et vient probablement de traverser une succession d’événements stressants : le transport, l’enfermement dans une caisse, puis l’arrivée dans un lieu totalement inconnu (souvent un aéroport, un hangar ou un lieu de rassemblement).

Un chien stressé ou apeuré peut chercher à fuir, parfois de manière très soudaine. La priorité absolue lors de son arrivée est donc d’assurer sa sécurité.

> Sécuriser son arrivée
Avant même de sortir votre chien de sa caisse de transport, assurez-vous que l’environnement est sécurisé. Ouvrir une caisse dans un aéroport ou un lieu inconnu représente un risque important : de nombreux chiens se sont échappés dans ces circonstances.

Si cela est possible, il est préférable d’avoir une caisse de transport et de ne sortir votre chien de la caisse qu’une fois arrivé chez vous.

Les premières heures à la maison demandent également beaucoup de vigilance :

  • vérifiez que les portes et fenêtres sont bien fermées ;
  • prévenez les personnes susceptibles d’entrer chez vous afin qu’elles soient particulièrement attentives ;
  • évitez les situations où votre chien pourrait se retrouver sans surveillance dans un espace non sécurisé.

Les fugues dans les premiers jours suivant l’adoption sont malheureusement fréquentes. Même un chien qui semble calme ou confiant peut paniquer face à un événement inattendu.

> Lui laisser le temps de découvrir son nouvel environnement

Votre maison représente un monde entièrement nouveau pour lui : de nouvelles odeurs, de nouveaux sons, de nouveaux espaces et de nouvelles personnes. Il est donc normal qu’il puisse être inquiet ou désorienté.

Pour ses premiers moments, il est conseillé de limiter l’espace autour de lui, de le placer dans une pièce calme, avec un endroit où il pourra se réfugier s’il en ressent le besoin. Par exemple, une caisse de transport laissée ouverte, ou un espace aménagé avec une couverture.

Certains chiens très craintifs peuvent rester cachés pendant plusieurs heures, voire davantage. Il est important de respecter leur rythme :

  • ne le forcez pas à sortir,
  • ne l’entourez pas et ne multipliez pas les sollicitations,
  • laissez-le venir vers vous lorsqu’il se sentira prêt.

Vous pouvez déposer quelques friandises près de sa cachette afin qu’il associe progressivement votre présence à des expériences positives. Approchez-vous calmement, puis éloignez-vous. L’objectif est qu’il comprenne progressivement que vous n’êtes pas une menace.

La patience est essentielle : chaque chien s’adapte à son propre rythme.

La rencontre avec les autres chiens du foyer

Si vous avez déjà un ou plusieurs chiens, il est préférable de limiter les interactions dans les premières heures, le temps que le nouvel arrivant retrouve un peu de calme et de confiance.

Pour une première rencontre, privilégiez un environnement neutre, particulièrement si le nouveau chien est adulte. L’idéal est que chaque chien soit accompagné d’une personne, tenu en laisse, avec suffisamment de distance entre eux.

Commencez par marcher ensemble tranquillement, sans chercher immédiatement le contact. Si les chiens restent détendus, vous pouvez progressivement réduire la distance et proposer de courtes interactions. Une règle simple consiste à faire des approches de quelques secondes, puis à s’éloigner avant de recommencer.

Une rencontre peut parfois sembler parfaite dès les premières minutes, avec du jeu et une bonne entente. Cependant, évitez les montées en excitation trop importantes : l’accumulation de stress ou d’émotions peut rapidement provoquer des tensions. Il est parfois préférable d’interrompre une interaction positive avant qu’elle ne devienne excessive.

Si vous ne pouvez pas faire les rencontres dans un lieu neutre, faites des rencontres progressives dans votre lieu de vie. Il est possible d’utiliser les barrières, pour qu’ils puissent se côtoyer en sécurité. Moins vous prendrez de risques, plus il y a de chances que la cohabitation évolue bien.

> Accompagner la cohabitation

Même lorsque les premiers contacts semblent très positifs, gardez à l’esprit que votre nouveau chien est encore en pleine phase d’adaptation. Son comportement peut évoluer dans les jours ou semaines qui suivent, une fois qu’il se sentira davantage en sécurité et que sa personnalité commencera réellement à apparaître.

À l’intérieur du foyer, des aménagements simples peuvent faciliter la transition. Des barrières pour enfants, par exemple, permettent de créer des espaces séparés, d’éviter les débordements et de laisser à chacun la possibilité de se détendre.

Ces séparations temporaires ne sont pas un échec : elles permettent au contraire aux chiens d’apprendre progressivement à vivre ensemble et de construire une relation positive, sans accumuler de mauvaises expériences.

Le contact physique

Pour certains chiens, le contact physique peut être une expérience nouvelle : ils ne sont pas forcément habitués aux caresses, aux câlins ou aux manipulations que nous considérons comme normales avec un chien de compagnie.

Certains gestes peuvent donc être inquiétants. Par exemple, une main qui arrive directement au-dessus de la tête peut être perçue comme une menace, car c’est un mouvement que le chien ne comprend pas encore. Cela ne signifie pas qu’il n’acceptera jamais les caresses, mais que cette relation doit se construire progressivement, à son rythme.

Pour créer un climat de confiance, il est essentiel d’apprendre à reconnaître les comportements d’évitement, qui sont parfois subtils. Ces comportements indiquent que le chien souhaite augmenter la distance avec vous ou qu’il est inconfortable. Respecter ces signaux est l’une des meilleures façons de lui montrer qu’il peut vous faire confiance.

Parmi les signaux à observer :

  • il détourne le regard ou tourne la tête à l’opposé de vous, comme s’il cherchait une porte de sortie,
  • il se tourne légèrement,
  • il se lève ou change de position pour s’éloigner.

Lorsque votre chien manifeste l’un de ces comportements, il est préférable de ne pas insister. En respectant son besoin d’espace, vous lui apprenez que sa communication est entendue, ce qui renforcera progressivement votre relation.

L’habituer à vivre dans une maison

Pour un chien qui n’a jamais vécu dans un foyer, les bruits du quotidien (aspirateur, sonnette, télévision, électroménager…), les odeurs, les espaces fermés et les nombreux objets qui l’entourent peuvent provoquer des réactions de peur et du stress.

Les premiers jours, il est donc préférable de faire de votre maison un lieu calme et rassurant. Ce n’est pas le moment d’organiser une grande fête ou de faire un grand ménage de printemps. Limitez également le nombre de visiteurs afin de ne pas le submerger de nouvelles rencontres et de nouvelles stimulations. L’objectif est de lui permettre de découvrir progressivement son nouvel environnement, sans difficultés qui pourraient être évitées.

> Lui offrir un espace de sécurité

Dès son arrivée, il est important que votre chien dispose d’un endroit où il pourra se retirer lorsqu’il en ressentira le besoin. Cet espace doit devenir son petit refuge : un lieu où personne ne viendra le déranger, même s’il s’y cache ou s’y repose.

Il peut s’agir d’une pièce dédiée, d’un coin calme sous une table, d’une caisse de transport laissée ouverte ou simplement d’un espace aménagé avec une couverture. L’important est qu’il comprenne qu’il possède un endroit où il est en sécurité et où il peut prendre de la distance lorsqu’une situation devient trop difficile pour lui.

> S’adapter à son rythme

Chaque chien arrive avec son propre vécu et ses propres habitudes. Il est donc important d’observer ses réactions et de s’adapter à lui.

Par exemple, certains chiens des rues peuvent être mal à l’aise avec une gamelle. Pour un chien habitué à chercher sa nourriture au sol, manger dans un récipient peut être une expérience inhabituelle. Dans ce cas, vous pouvez simplement déposer sa nourriture par terre ou dans le jardin, puis modifier progressivement ses habitudes lorsqu’il sera plus à l’aise.

 

 > Les promenades

Les promenades ne sont pas nécéssaires dans les premiers jours si vous avez un jardin clos. Au contraire, cela lui permet de s’adapter à son nouvel environnement de vie sans y ajouter des facteurs de stress supplémentaires. 

Les premières promenades doivent être courtes et s’il est anxieux, ramenez le à la maison pour lui montrer que vous êtes à l’écoute de ses inquiétudes et que vous cherchez à le protéger.